Les résultats n'ont pas surpris Wall Street, où l'humeur est au pessimisme depuis trois mois sur la situation d'Intel. L'action du géant californien, qui a perdu plus de 20% de sa valeur depuis le début de l'année, grignotait 0,36% à 19,62 dollars vers 16H45 GMT.

Plus que par la contre-performance elle-même dont le groupe avait donné un avant-goût dans un avertissement début mars, les experts du secteur se disaient étonnés par les explications avancées par la direction.

"Est ce que Intel est dans le déni?" et refuse de reconnaître la réalité, interrogeait Michael Masdea, de la maison de courtage Credit Suisse First Boston.

Le groupe continue d'attribuer sa santé déclinante "aux stocks établis par les clients et à une croissance plus faible des ventes de PC malgré les preuves du contraire", poursuivait cet analyste dans une note.

M. Masdea faisait allusion aux études tout juste publiées sur les ventes mondiales de PC au premier trimestre: elles ont augmenté en volume de 13% par rapport à la même période de 2005, selon les cabinets spécialisés Gartner et IDC.

Certes les taux de croissance aux Etats-Unis (entre +5% à +7% selon les études) sont inférieurs de moitié à la moyenne mondiale et le marché continue d'être tiré par les pays émergents comme la Chine et l'Inde. Mais rien n'incite vraiment à l'alarmisme sur la santé du marché informatique.

Au regard des chiffres publiés par IDC qui a insisté sur la croissance "légèrement inférieure" aux attentes aux Etats-Unis, Richard Farmer, analyste de Merrill Lynch, a révisé à +11% contre +11,2% auparavant sa prévision de progression de ventes mondiales de PC en 2006.

"Notre estimation part du principe que des usagers risquent de retarder leurs achats jusqu'à la sortie du nouveau système d'exploitation Vista de Microsoft (repoussée à janvier 2007, ndlr). Le marché devrait réaccélérer en volume et surtout en valeur en 2007-2008", a ajouté M. Farmer.

Pour l'heure, Intel table sur un mauvais premier semestre 2006 et a même estimé jeudi que, sur l'ensemble de l'année, son chiffre d'affaires pourrait s'afficher en recul d'"environ 3%" par rapport à 2005. Jusqu'alors le groupe évoquait la perspective d'une hausse de 6% à 9%.

Cet horizon assombri s'explique peut-être par un "effet Vista" et des reports d'achats, mais il est aussi le fait de la percée opérée par le concurrent Advanced Micro Devices (AMD) depuis 2004, d'après de nombreux analystes.

"AMD a continué d'augmenter ses parts de marché au premier trimestre, la compétition avec Intel s'est intensifiée", a-t-on relevé chez Gartner.

"C'est le septième trimestre consécutif où AMD a gagné des parts de marché sur le marché mondial des PC", a insisté cet institut, dont les chiffres de ventes d'ordinateurs incluent les serveurs x86.

C'est pour équiper ce type de matériel professionnel qu'Intel et AMD livrent leur principale bataille, et le second profite du fait d'avoir commercialisé en 2005 avec plusieurs mois d'avance sur le premier les puces adaptées.

D'après la firme Mercury Research, au quatrième trimestre 2005, Intel détenait une part de 76,9% du marché mondial des microprocesseurs, contre 82,2% un an plus tôt. Dans le même intervalle AMD a progressé de 16,6% à 21,4%.

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