XenSource et VMware proposent de nouvelles versions de leurs produits pouvant être intégrées directement aux serveurs.

La semaine dernière, XenSource a annoncé la sortie de XenExpress OEM Edition, et le leader du marché VMware a présenté cette semaine la sortie de VMware ESX Server 3i à l'occasion de sa conférence VMworld 2007, à San Francisco. Les produits s'exécutent à partir d'une mémoire flash intégrée à un serveur, au lieu d'être installés sur le disque dur.

Et les deux entreprises ont rallié à leur cause les principaux constructeurs. VMware a conclu des partenariats avec IBM, Dell, Hewlett-Packard et Network Appliance. « Nous pensons qu'ils commenceront à intégrer ESX Server 3i dans leurs serveurs d'ici la fin de l'année ou au début de l'année prochaine », estime un représentant de VMware.

XenSource a noué un partenariat avec un fabricant majeur de serveurs, dont le nom n'a pas été dévoilé.

Un marché qui commence à peser lourd

« Comme la virtualisation vous permet d'exécuter n'importe quel système d'exploitation en surcouche, il semble beaucoup plus logique d'en faire une couche supérieure d'un serveur », commente Gordon Haff, analyste chez Illuminata. « Pourquoi cette fonctionnalité ne serait-elle pas fournie avec le serveur ? »

Cette évolution revêt une importance stratégique, sur un marché encore jeune. La virtualisation existe paradoxalement depuis plusieurs décennies, mais son apparition dans les ordinateurs équipés de processeurs x86, les plus répandus, lui permet de sortir de l'ombre. Et l'argent coule à flot. En août, VMware, filiale d'EMC, a fait une entrée en Bourse retentissante, et Citrix Systems a racheté XenSource pour 500 millions de dollars.
La gestion des tâches au coeur des enjeux

Reste que le socle de base des produits de virtualisation - l'hyperviseur - n'est pas à proprement parler susceptible de générer beaucoup d'argent. « L'hyperviseur sera proposé gratuitement par de multiples sources », explique Frank Gillett, analyste chez Forrester. « À mon sens, la question n'est pas de savoir quel hyperviseur vous utilisez, mais plutôt à quel écosystème vous vous connectez à des fins de gestion ».
Parmi les outils de gestion disponibles aujourd'hui, on trouve notamment Virtual Infrastructure de VMware, XenEnterprise de XenSource, System Center Virtual Machine Manager de Microsoft et le produit éponyme basé sur Xen de Virtual Iron. Tous sont conçus pour des tâches telles que le contrôle des ressources, pouvant être utilisées par une machine virtuelle donnée, la sauvegarde des données ou le déplacement de machines virtuelles en cas de défaillance matérielle.

Pour un spécialiste de la virtualisation, un hyperviseur seul sur un serveur ne garantit pas le succès. D'une part, les constructeurs ont leurs propres logiciels de gestion à vendre. D'autre part, on constate à l'heure actuelle une forte pression pour standardiser les interfaces de contrôle des machines virtuelles, de sorte que n'importe quel logiciel de gestion du marché puisse fonctionner avec n'importe quel hyperviseur, indique Gordon Haff.

Viridian, hyperviseur de Windows Server 2008

La perspective de transformer le logiciel de virtualisation basique en composant d'un système d'exploitation, disponible sans frais supplémentaires, exerce une pression sur les prix des produits VMware. Toutefois, il n'a pas été facile pour les éditeurs de systèmes d'exploitation d'intégrer la virtualisation à leurs produits.

On attend encore le premier hyperviseur de Microsoft, baptisé Viridian, pour Windows Server 2008. Il devrait arriver après le lancement de ce dernier, au premier trimestre 2008, même si des retards sont déjà prévus par Microsoft. L'éditeur a déjà fait une croix sur certaines fonctions de Viridian, pour ne pas retarder davantage sa sortie.

Entre-temps, les principaux distributeurs de Linux - Red Hat et Novell (Suse Linux) - ont intégré le logiciel Xen en open source dans leurs produits pour serveurs, mais la technologie n'est pas mature dans les deux cas, souligne Gordon Haff.

« Même si Xen fait partie des produits Linux depuis un petit moment, c'est seulement maintenant qu'il commence à être plus visible », explique-t-il. « VMware demeure l'acteur dominant en matière de virtualisation. »




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