Lancée en septembre 2005, force.com permet de développer des applications métiers qui s'exécutent en ligne, directement sur les serveurs de Salesforce.com. Contrairement à Java et .NET, la création d'une application nécessite très peu de code car elle s'appuie sur les objets métiers et sur la base de données de Salesforce.com. Tous les objets spécifiques à l'entreprise - et les manipulations liées (afficher, ajouter, supprimer, modifier) - sont créés par simple paramétrage. Et l'application épouse automatiquement le « look and feel » natif de l'éditeur. Il n'est donc pas nécessaire de créer l'interface graphique.
Des interfaces sur mesure grâce à la nouvelle couche graphique, VisualForce

Grâce à cette approche, encore unique sur le marché, « on peut développer bien plus vite », explique Anthony Scott, DSI de Disney, venue témoigner. Le groupe de divertissements a ainsi créé une application métier avec force.com 30 fois plus rapidement qu'avec .NET (96 heures contre 3000 heures). Même si sa philosophie est radicalement différente, Salesforce.com compte imposer force.com comme une alternative aux plates-formes de développement traditionnelles : .NET, Java, PHP, etc.

Toutes les applications créées à l'aide de force.com héritaient jusqu'à présent de la même interface graphique utilisateur, fournie par défaut par l'éditeur. Salesforce.com a donc complété sa plate-forme avec une nouvelle couche graphique. Baptisée VisualForce, elle permet de créer des interfaces graphiques sur mesure (User Interface as a Service, ou UiaaS), basées sur différentes technologies : AJAX, Flex d'Adobe, etc.

VisualForce propose pour l'instant 50 composants graphiques prédéveloppés qui fonctionnent avec tous les périphériques du marché : PC, Tablet PC, PDA, iPhone, etc. « Nous travaillons avec Apple, Dell, Symbol, Blackberry et d'autres fabricants, pour assurer une bonne compatibilité quel que soit le périphérique distant », a expliqué Parker Harris, cofondateur de Salesforce.com et responsable technique de l'éditeur. La version finale de VisualForce, disponible courant 2008, sera commercialisée avec la plate-forme force.com entre 10 et 125 dollars par mois et par utilisateur.


Grâce à VisualForce, Salesforce.com propose désormais l'équivalent d'un système d'exploitation métier en ligne. Ce « webOS » n'est pas une lubie d'éditeur. En effet, Salesforce.com compte déjà 35 300 clients, soit environ un million d'utilisateurs. Parmi les grandes entreprises, Cisco a déjà déployé 30 000 licences utilisateurs, Dell 40 000, la poste du Japon 45 000 et, plus proche de nous, ADP utilise 7 600 licences.

Au total, les clients de Salesforce.com ont développé plus de 44 000 applications reposant sur environ 176 000 objets métiers spécifiques. « 90 % de nos clients français adaptent notre logiciel de CRM en fonction de leurs besoins. Certains créent même des applications avec force.com : gestion des ressources humaines, gestion des fournisseurs, etc. », indique Khalid Lach Gar, responsable avant-vente de l'éditeur en France.
Les éditeurs ne sont pas en reste. À l'image d'Esker et d'Articque en France, 335 éditeurs proposent plus de 770 applications métiers (immobilier, finance, cartographie, etc.) sur le catalogue AppExchange. « C'est un signal très fort qui montre que force.com est aujourd'hui une réelle alternative à Windows et SAP réunis », estime Jérémy Chatard, directeur technique de Breek, une SSII spécialisée dans les architectures web 2.0.

D'ailleurs, un nombre croissant d'ISV (éditeurs de logiciels indépendants, Ndlr) développent désormais nativement leurs logiciels sur force.com, sans fournir de versions pour Windows ou Linux. C'est le cas notamment des éditeurs d'ERP Datasul et Coda (2 600 PME clientes dans le monde). « Nos clients ne souhaitent plus perdre de temps avec la gestion d'une infrastructure propriétaire. Ils recherchent avant tout une solution à leurs problèmes métiers et sont donc prêts à utiliser le modèle de développement à la demande pour répondre à leurs besoins », explique Jeremy Roche, P-DG de Coda. « C'est pour cette raison que nous développons nativement Coda 2Go sur force.com », ajoute-t-il. En recourant à force.com, Coda affirme avoir économisé 2 années-homme de développement.

Un nouveau poids lourd de l'informatique

Créé il y a 7 ans, Salesforce.com génère aujourd'hui plus de 600 millions de dollars de chiffre d'affaires et son cours de bourse a triplé en 3 ans. Valorisé à plus de 5 milliards de dollars, l'éditeur ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. « Pour notre prochain exercice, nous visons le milliard de dollars de chiffre d'affaires », précise Marc Benioff. L'éditeur entrerait alors dans le cercle très fermé des 40 plus grands éditeurs mondiaux de logiciels. Une taille critique indispensable pour inciter davantage de grands comptes à utiliser force.com. Elle permettra également à Salesforce.com de mieux résister à la pression de ses concurrents, SAP et Microsoft notamment.

L'Allemand SAP a par exemple mobilisé 500 millions de dollars en recherche et développement ces deux dernières années pour proposer un ERP en mode hébergé qui vise les PME : SAP Business ByDesign. Or, avec 770 applications métiers qui partagent la même base de données, Salesforce.com propose déjà de facto un ERP à la demande.



ZDNet France