Le défunt, inhumé après la prière d'Al Asr au cimetière Chouhada, fait incontestablement partie de la classe des pionniers de la scène artistique nationale, qui ont marqué de leur empreinte la musique et la chanson marocaines contemporaines. Très jeune, il a entamé sa carrière artistique. Ce fut vers la fin des années 1950. Il comptait, alors, parmi les membres prometteurs du prestigieux orchestre de Dar Labrihi, qui regroupait à l'époque les meilleurs musiciens sur la scène nationale. Au fil des années, le défunt s'est imposé comme l'un des solistes en vue de l'orchestre national, sous la direction de deux des maestros de la chanson marocaine, feus Ahmed Bidaoui et Abdelkader Rachdi. Abdelhamid Benbrahim, qui s'est également distingué en tant que compositeur, a collaboré avec les plus grands chanteurs marocains, dont Abdelhadi Belkhayat, Mohamed Hayani, Mahmoud Al Idrissi, Abdelmounaim El Jamai, Naima Samih, entre autres. Parmi les chansons dont le public se souvient encore, il y a "romouch" (+les cils+) et "kam da ourid" (littéralement +autant que je veux+), qui ont été interprétées par Abdelhadi Belkhayat. Mettant son expérience au service des artistes en herbe, le défunt avait créé, à Rabat, une école de musique, au même titre qu'il a encadré bon nombre de musiciens et de compositeurs. Dans un témoignage émouvant, le ténor Abdelhadi Belkhayat, qui a connu de près le défunt, a souligné que feu Benbrahim restera "un monument" de la chanson marocaine. Le compositeur Abdelkader Wahbi a affirmé que le défunt était l'un des meilleurs flûtistes du monde arabe et l'un des grands compositeurs marocains. Un autre compositeur marocain, Ahmed Alaoui, a dit que la scène artistique nationale a perdu aujourd'hui "un de ses symboles et un de ses artistes les plus talentueux".



MAP